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Guerre 39-45

 


 

L'Armée de Vichy

 

L'ARMÉE EN MARGE

Aux heures les plus sombres de notre histoire, les forces aériennes du régime de Vichy tentèrent vainement de s'opposer à la progression des Alliés en Afrique du Nord

Le 25 juin 1940, la signature de l'armistice mettait fin à la campagne de France. Les 853 victoires qu'elle avait remportées en combat valurent à l'armée de l'Air de faire l'objet des clauses les plus draconiennes du document signé avec les pays de l'Axe;

en fait, elle était condamnée à disparaître, après avoir livré ses matériels à la Luftwaffe et à la Regia Aeronautica. Néanmoins, la France avait l'autorisation de conserver une partie de ses avions dans des dépôts répartis entre la zone non occupée et certaines colonies, sous réserve que des commissions spéciales de contrôle puissent en vérifier l'utilisation.

La démobilisation prend effet dès la fin du mois de juin, les unités opérationnelles étant progressivement dissoutes.

C'est seulement à la signature de la paix entre la France et l'Allemagne que l'armée de l'Air serait reconstituée sur la base de quarante-deux groupes (huit de chasse, huit de bombardement, huit de reconnaissance en France métropolitaine; cinq de chasse, cinq de bombardement et cinq de reconnaissance en Afrique du Nord; un de chasse, un de bombardement et un de reconnaissance dans les pays du Levant) et de dix escadrilles.

Les Allemands avaient veillé à ce que ces forces aériennes n'acquièrent jamais une puissance susceptible de menacer leur sécurité.

Patrouille de Curtiss H-75 appartenant au groupe de chasse GC-115. Ils arborent sur le capot-moteur et la dérive les bandes rouges et jaunes de l'armée de l'air de Vichy

Le sursis

Au début de juillet 1940, l'armée de l'Air était loin de penser à la revanche. Brisée par la défaite, accusée d'avoir failli à sa mission, elle était complètement désorganisée. Le personnel envisageait, non sans appréhension, le retrait de l'activité d'un certain nombre d'officiers et de sous-officiers, prévu pour le mois de septembre suivant.

Dans la semaine qui précéda le cessez-le-feu, de nombreuses formations équipées de matériel moderne avaient été rassemblées sur les terrains d'Afrique du Nord. Elles disposaient de 278 Curtiss H-75, Dewoitine 520 et MoraneSaulnier 406 intégrés dans treize groupes de chasse.

211 Glenn Martin 167F, Douglas DB-7, LeO-45, Amiot 351, Farman 222 et 223 réunis au sein de vingt et un groupes de bombardement; 96 Potez 63/11, Bloch 174 et Martin 167F, formant cinq groupes aériens d'observation, et plusieurs Breguet 693.

Privée de pièces de rechange, de mécaniciens et de personnel navigant, cette force aérienne n'avait de puissance que sur le papier et était tout juste capable de mener une action défensive. Quant aux unités dispersées dans l'empire colonial, la vétusté de leur matériel leur ôtait tout espoir d'intervenir dans un combat contre la Luftwaffe ou la Regia Aeronautica.

Tel était l'état de l'armée de l'Air quand les Britanniques attaquèrent l'escadre française de l'amiral Gensoul à Mers el-Kébir. Résolu à ne pas laisser tomber entre les mains de l'Axe les magnifiques unités qui composaient les forces navales françaises de Méditerranée, le gouvernement britannique avait décidé d'en obtenir le ralliement ou de les détruire.

C'est dans ce but que, dans la matinée du 3 juillet 1940, les navires de la force H, basée à Gibraltar, se présentèrent devant Oran. Aux alentours de 10 h 30, leur chef, l'amiral Sommerville, adressa un ultimatum à l'amiral Gensoul, qui rejeta les propositions de la Royal Navy et se déclara prêt à combattre. A ce moment, les forces aériennes d'Afrique du Nord reçurent du général Pennes l'ordre de se tenir prêtes à intervenir.

A 11 h 30, après un échange de télégrammes avec les commissions d'armistice allemande et italienne, l'armée de l'Air fut autorisée, en cas d'affrontement, à engager plusieurs groupes de chasse (la remise en état du matériel des groupes de bombardement exigeait un délai tel que le commandement français ne fit pas appel à ces formations). C'est peu avant 17 heures que Sommerville fit ouvrir le feu dans la rade, où, incapables de manoeuvrer et de se défendre, les bâtiments français furent taillés en pièces.

Peu avant la tombée de la nuit, une patrouille double du GC-11/5 assura la couverture aérienne de Mers el-Kébir et parvint à abattre un Skua de la Fleet Air Arm. Le lendemain, l'aviation de bombardement française était en état de livrer bataille, mais l'amirauté décida de ne pas l'utiliser contre la flotte britannique, qui, ayant rempli sa mission, se retirait vers Gibraltar.

Le 5 juillet, fort de l'appui germano-italien, le général Pujo, ministre de l'Air, donnait à l'armée de l'Air en Afrique du Nord toutes facilités pour agir comme elle l'entendrait. Cinq jours plus tard, une tentative d'interception de la flotte anglaise par neuf LeO-45 se solda par un échec. Au total, lors des combats de Mers el-Kébir, l'armée de l'Air accomplit 180 sorties de chasse et 35 missions de reconnaissance, contre une seule de bombardement. Elle avait détruit deux avions britanniques et en avait endommagé deux autres.

Biplace d'entraînement d'origine américaine, le NAA-57 fut livré à l'armée le l'Air à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Ce sont principalement les forces aériennes du régime de Vichy qui l'utilisèrent en Afrique du Nord pour la formation des pilotes mais aussi comme avion de servitude auprès des groupes de chasse

Cette bataille joua un rôle capital dans l'histoire de l'armée de l'air d'armistice. Alarmés par l'attitude britannique, les Allemands et les Italiens en différèrent la dissolution et autorisèrent le gouvernement de Vichy à conserver sur le pied de guerre un certain nombre d'unités, tant en métropole que dans les colonies.

Près de 340 appareils --- soit huit groupes de chasse, six de bombardement et trois de reconnaissance - furent ainsi chargés d'assurer la défense de la zone non occupée, appuyés par 50 pièces de DCA. La protection de l'Afrique du Nord incombait à six groupes de chasse, neuf de bombardement et six de reconnaissance. Plusieurs formations stationnaient au Levant, en Afrique occidentale et équatoriale, à Madagascar, de même qu'en Indochine.

Le maintien de l'armée de l'Air apparaissait d'autant plus nécessaire que, dès le 7 juillet 1940, des avions torpilleurs de la Fleet Air Arm avaient tenté de couler le cuirassé Richelieu dans la rade de Dakar. Ils avaient échoué, mais les Britanniques revinrent à la charge le 23 septembre suivant, avec cette fois des moyens considérables : deux cuirassés, un porte-avions, cinq croiseurs, dix destroyers, de nombreux navires de plus petit tonnage et des transports de troupes rassemblant 2 400 Français libres et 4 270 soldats anglais.

Le but de l'opération « Menace » était de faire passer l'Afrique-Occidentale française dans le camp allié. Mais, fidèle au régime de Vichy, le gouverneur général Boisson repoussa les offres du général de Gaulle et ordonna à ses troupes de résister. De furieux combats s'ensuivirent. Le GC-1/4 perdit un Curtiss H-75 lors de l'interception de plusieurs appareils britanniques chargés de lâcher des tracts sur Dakar. Le 24 septembre, la chasse française repoussa six Fairey « Swordfish » qui tentaient de s'en prendre à la flotte. Dans la même journée, des Martin 167F attaquèrent des bâtiments anglais et placèrent un coup au but sur un croiseur.

Le lendemain, deux hydravions de la Fleet Air Arm qui réglaient le tir des cuirassés furent abattus. Si la flotte adverse se retira le 26 septembre, les forces aériennes n'en restèrent pas moins en alerte jusqu'au 7 octobre. La bataille de Dakar se soldait pour l'armée de l'Air par la perte d'un avion contre cinq pour les Britanniques.

Entre-temps, les groupes basés en Afrique du Nord avaient, sur ordre du gouvernement français, entrepris des bombardements de représailles sur Gibraltar. Le 24 septembre, dix-huit LeO-45, vingt-sept Douglas DB-7 et vingt-trois Glenn Martin 167F (dont dixneuf appareils de l'Aéronavale), escortés par douze Dewoitine 520 et vingt-quatre Curtiss H-75, larguèrent plus de 40 t de bombes sur les installations britanniques, touchant une partie de l'arsenal et un navire.

Malgré la vive réaction de la défense antiaérienne, aucun appareil ne fut atteint. Il n'en fut pas de même le lendemain, quand - cette fois sans l'appui de la chasse - quatre-vingts bombardiers français se représentèrent au-dessus de la possession anglaise. Un LeO-45 s'écrasa en mer et une dizaine de bimoteurs furent plus ou moins endommagés. Ce fut la première et la dernière grande action offensive menée par l'armée de l'air de Vichy.

La guerre oubliée

La guerre de Syrie fut en fait l'affrontement majeur auquel participèrent les forces aériennes de l'armée d'armistice. A la suite de la révolte irakienne pronazie, survenue en avril 1941, de la fermeture du pipe-line Mossoul-Haifa et du transit des avions des pays de l'Axe par les bases françaises du Levant, les Britanniques prirent la décision, en accord avec la France libre, d'envahir le Liban.

A cette époque, les seules unités aériennes françaises établies dans cette région étaient le groupe de chasse GC-1/7 (Morane-Saulnier 406), le groupe de bombardement GB-I/39 (Martin 167F) épaulé par les groupes II/39 et III/39 (Potez 63/11) et par six escadrilles de surveillance équipées de vieux Potez 25 TOE, soit quatrevingt-dix appareils. Dès les premières attaques aériennes britanniques (15 mai 1941), le général Jannekeyn, commandant de l'Air au Levant, réclama l'envoi de renforts.

Avec l'accord des commissions d'armistice allemande et italienne, le GC-111/6 (Dewoitine 520) quitta l'Afrique du Nord et, par l'Italie et la Grèce, rejoignit la Syrie le 24 mai. Entre-temps, les raids de la RAF, menés par des Hurricane, des Gladiator et des Blenheim, s'étaient intensifiés. Si, au- départ, ils avaient visé les appareils allemands ou italiens en route vers l'Irak, ils ne faisaient désormais aucune différence entre les avions ennemis et ceux de l'armée de l'Air.

Vétérans de la bataille de France, les Potez 63-11 de reconnaissance reprirent du service dans l'armée de l'air d'armistice, que les Allemands autorisèrent, dans un premier temps, à reconstituer quarante-deux groupes, dont quatorze destinés à la reconnaissance. Cet appareil appartenait au GR-11/14, créé en mai 1940

L'invasion terrestre commença le 8 juin suivant, date à laquelle de nombreux chasseurs ou bombardiers français furent mitraillés et incendiés au sol. Dès le début de la bataille, les groupes aériens du Levant furent utilisés pour l'appui au sol. Les bombardiers entreprirent de freiner les colonnes adverses sans le secours de l'aviation de chasse, qui s'employait à mitrailler les concentrations de troupes.

Les 8 et 9 juin, les Glenn Martin 167F du 1/39 et les Bloch 200 de l'escadrille 111/39 bombardèrent la flotte britannique opérant au large des côtes du Liban et touchèrent deux navires. Peu après, les Bloch 200 furent retirés de la ligne de feu pour constituer avec les Potez 25 TOE des escadrilles de surveillance, un groupement de bombardement de nuit.

La distance séparant la France du Levant et la brièveté des opérations expliquent que seuls les groupes aériens parvinrent à temps sur ce théâtre d'opérations (les troupes parties de métropole se trouvaient seulement à Salonique quand cessèrent les combats!). Le 10 juin, le GB-I/31 (LeO-45) se posait au Levant, suivi, quelques jours plus tard, par le GB-1/12 (LeO-45) et le GC-11/3 (D520).

L'Aéronavale participa elle aussi très activement à la campagne, avec l'escadrille de surveillance 1 T, équipée de Loire 130, puis la 4e flottille (escadrilles 6 B et 7 B) et, enfin, les douze D.520 de l'escadrille de chasse 1 AC, arrivée le 4 juillet 1941. Bien qu'elles eussent déployé au Levant les matériels les plus modernes dont elles disposaient, les forces aériennes françaises ne purent empêcher les Britanniques de parvenir jusqu'à Damas, qui tomba le 21 juin.

Une semaine plus tard, le général Jannekeyn regroupa ses unités dans la région d'Alep, bien desservie en terrains d'aviation, et s'employa à les réorganiser. Il créa un groupement de chasse et un groupement de bombardement et de reconnaissance, qu'il baptisa groupement « Nord ».

C'est au sein de cette grande unité que l'armée de l'Air poursuivit une bataille qui, jour après jour, prenait un tour favorable pour les Français. L'entrée en ligne, du côté britannique, du Curtiss P-40, supérieur au D.520, fatigué, ne fut pas étrangère au retournement de la situation.

Obligés de lutter contre la chasse ennemie et de remplacer les bombardiers lors des missions d'attaque au sol, les D.520 furent abattus les uns après les autres. Le 8 juillet, le général Dentz, commandant de l'armée française au Levant, prit la résolution, avec l'assentiment des autorités de Vichy, de demander un cessez-le-feu.

A cette date, le GC-Il I/6, saigné à blanc, quittait la Syrie, imité dans les jours qui suivirent par les autres unités. Le 14 juillet 1941, l'armistice signé à Saint-Jean-d'Acre mettait fin à la guerre. Sur les 279 appareils qu'elle avait engagés au Levant, l'armée de l'Air en avait perdu 179, la plupart au sol. Ses formations de chasse revendiquaient 29 victoires sûres et 8 autres probables.

En juin 1940, les Bloch MB-152 équipaient encore neuf groupes de chasse de l'armée de l'Air. Leur autonomie insuffisante ne leur permit pas de rallier l'Afrique du Nord. Six groupes de chasse sur MB-152 et 155 furent maintenus en zone sud et progressivement transformés sur Dewoitine D.520 à partir de l'automne 1941. Ici, alignement de MB-152 du GC-1118 sur l'aérodrome de Lyon-Bron en 1942

La fin

Les événements de Syrie et du Liban constituèrent une véritable leçon pour les dirigeants de l'armée de l'Air. Ils montraient l'incapacité des forces aériennes de Vichy à mener une quelconque action offensive et à conduire des opérations défensives prolongées.

Cette faiblesse tenait à des problèmes essentiellement structurels. En dépit du programme de collaboration aéronautique signé avec l'Allemagne en juillet 1941, le secrétariat d'État à l'aviation de Vichy ne parvint jamais à doter ses formations volantes d'un matériel moderne. Par ailleurs, les obstacles dressés par l'occupant firent que l'enseignement dans les écoles de l'armée de l'Air resta toujours limité, et la formation du personnel spécialisé s'en ressentit.

Cette faiblesse endémique explique sans doute le rôle mineur joué par l'aviation française dans les combats de Madagascar. En février 1942, les deux escadrilles formant les forces aériennes de la grande île avaient fusionné pour donner naissance au groupe aérien mixte, équipé de Morane-Saulnier MS-406, de Potez 63/11 et de Potez 25 TOE.

C'est avec ces quelques avions que, à partir du 5 mai 1942, l'armée de l'Air dut affronter les Grumman « Martlet », les Hawker « Sea Hurricane », les Fairey « Fulmar », « Albacore » et « Swordfish » de la Fleet Air Arm. Les rencontres tournèrent toujours à l'avantage des Britanniques (le capitaine Léonetti, commandant le groupe aérien mixte, fut sérieusement blessé et le capitaine Assolant, un célèbre pilote de raid de l'entre-deux-guerres, y trouva la mort).

Après un cessez-le-feu de quelques mois, les hostilités reprirent le 18 septembre 1942. A cette époque, les Français ne disposaient plus que de quatre Morane-Saulnier 406 et de trois Potez 63/11. Ils furent presque tous détruits au sol par les bombes ennemies.

Bombardier Glenn Martin 167F aux marques de l'aéronautique navale du régime de Vichy. C'est avec des appareils de ce type que la flottille 4.F intervint en Syrie contre les Britanniques en juin et juillet 1941

La campagne de Madagascar s'achevait à peine que, le 8 novembre 1942, l'armée de l'Air devait faire face au débarquement allié d'Afrique du Nord. Les 600 avions qu'elle alignait au Maroc, en Algérie et en Tunisie lui donnaient une puissance qui, sans être illimitée, n'en restait pas moins réelle.

Les combats que livrèrent les sept groupes de chasse, les neuf groupes de bombardement et les diverses unités de l'Aéronavale à l'aviation embarquée anglo-américaine furent sans doute les plus violents de toute l'histoire de l'armée de l'air d'armistice.

Le dimanche 8 novembre au petit matin, les chasseurs lourds américains mitraillèrent par surprise les bases aériennes de Rabat, Casablanca et Oran, détruisant de nombreux avions au sol. Plusieurs Curtiss H-75 et D.520 parvinrent néanmoins à décoller et leur infligèrent de lourdes pertes (dix victoires pour le GC-11/5 à Casablanca et dix-sept pour le GC-111/3 à Oran).

Une douzaine de bombardiers des groupes 1/32 et 11/23, escortés par treize appareils des GC-1/5 et 11/5 allèrent même survoler la flotte anglo-américaine. Au soir du 8 novembre, trente chasseurs et bombardiers français étaient perdus. Le lendemain, la situation des unités françaises était désespérée (cinquante-deux appareils détruits). Le cessez-le-feu fut signé le 10 novembre. Quelques heures plus tard, les Allemands envahissaient la zone libre, et le 27 novembre, l'armée de l'air d'armistice était dissoute.

 


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Fan d'avions © 16 Mai, 2001